Le barrage de Malpasset est un barrage-voûte de 66 mètres construit sur le Reyran, au nord de Fréjus, qui s'est rompu le 2 décembre 1959 à 21 h 13. La vague a fait 423 victimes. Ses ruines sont accessibles librement au bout d'une piste, et le vallon jonché de blocs de béton reste l'un des lieux les plus saisissants du Var.
Ce qui s'est passé
Le barrage a été achevé en 1954 pour irriguer la plaine de Fréjus. C'était une voûte mince, élégante, signée par l'ingénieur André Coyne, l'un des grands noms du génie civil de l'époque. À l'automne 1959, des pluies exceptionnelles remplissent la retenue plus vite que prévu. Le 2 décembre au soir, la rive gauche cède : la roche sur laquelle la voûte s'appuyait, et non le béton, se dérobe.
Cinquante millions de mètres cubes d'eau dévalent le Reyran en une vague de plusieurs dizaines de mètres de haut. Elle atteint Fréjus vingt minutes plus tard, emporte quartiers, routes, la voie ferrée, et se jette dans la mer. Le bilan est de 423 morts. C'est la plus grande catastrophe civile de la France d'après-guerre, et elle a changé la manière dont on étudie les fondations des barrages dans le monde entier.
Ce que l'on voit
Il faut marcher un peu, et c'est bien ainsi. Depuis le parking au bout de la route, une piste remonte le vallon du Reyran pendant un bon quart d'heure. On passe d'abord entre des blocs de béton armé de la taille de maisons, dispersés dans le lit de la rivière et sur les pentes, là où la vague les a portés. Certains sont couchés, d'autres fichés dans le sol, tous rongés par soixante-cinq ans de soleil et de pluie.
Puis le barrage apparaît. Ce qui en reste : la rive droite, encore debout, une portion de voûte qui se dresse dans le vide, et l'échancrure béante de la rive gauche. La courbe intacte du béton, si fine, rend l'ensemble presque plus impressionnant qu'un barrage entier. On monte jusqu'au pied, on lit les panneaux, on se tait.
Le site est en accès libre, sans aménagement autre que les panneaux. C'est un lieu de mémoire, pas un parc, et il demande de la tenue.
Le vallon aujourd'hui
Le Reyran est redevenu un ruisseau intermittent, sec l'été, bordé de lauriers et de pins. Les blocs ont été colonisés par la végétation. En hiver et au printemps, quand l'eau court, le vallon est presque beau, et le contraste avec ce qu'on sait rend la visite plus forte encore. Comptez une heure et demie aller-retour, plus le temps que vous passerez au pied de la voûte.
Chaque 2 décembre, une cérémonie se tient à Fréjus. Un mémorial et une exposition permanente en ville complètent la visite pour qui veut comprendre le déroulé de la nuit.
Une journée à Fréjus
C'est le lieu que l'on montre à ceux qui pensent connaître la région. Aucun n'en revient indifférent. Il se combine bien avec l'amphithéâtre romain de Fréjus, à un quart d'heure : deux mille ans d'histoire de la ville dans une même journée, l'une bâtie, l'autre emportée.
En pratique
Où
Nord de Fréjus, sortie 38 de l'A8 puis route du barrage jusqu'au parking terminal
Accès
18 min depuis Puget-sur-Argens · 15 min depuis le centre de Fréjus · 35 min depuis Draguignan
Durée
1 h 30 aller-retour, à pied depuis le parking
Difficulté
Facile, piste large en pente douce, quelques passages caillouteux
Enfants
Oui, à partir de 6 ans ; prévoir d'expliquer avant
Poussette
Possible avec de grandes roues, difficile sur la fin
Tarif
Gratuit, accès libre
Ombre, eau
Peu d'ombre sur la piste, aucun point d'eau
Meilleure période
Automne, hiver, printemps · en été le matin tôt
Questions fréquentes
Oui, librement et gratuitement. Une piste d'un quart d'heure mène du parking aux ruines, à travers les blocs de béton emportés par la vague.
Ce guide fait partie du carnet d'adresses d'un domaine privé de Puget-sur-Argens, à 18 minutes d'ici, qui se loue pour des mariages et des séjours en famille. Il ne se visite pas.