La chartreuse de la Verne est un monastère fondé en 1170 au cœur du massif des Maures, à une dizaine de kilomètres de Collobrières par une piste forestière. Bâtie en schiste sombre et en serpentine verte, elle est occupée par une communauté monastique. Elle ferme le mardi et les jours de risque incendie : vérifiez avant de partir.
Le bout du monde
Il faut d'abord accepter d'y aller. La chartreuse est à onze kilomètres de Collobrières, au bout d'une route forestière étroite et sinueuse qui traverse la forêt de châtaigniers et de chênes-lièges du massif des Maures. Comptez vingt-cinq minutes depuis le village, à trente à l'heure, sans croiser personne.
C'est cet isolement qui a décidé les chartreux. L'ordre exigeait le désert, et le vallon de la Verne, sans village ni route, en offrait un. Fondé en 1170 par les évêques de Toulon et de Fréjus, le monastère a été détruit, brûlé et reconstruit plusieurs fois, abandonné à la Révolution, laissé en ruine pendant deux siècles, puis restauré à partir de 1968. Depuis 1983, une communauté de sœurs de Bethléem y vit dans le silence.
Le schiste et la serpentine
C'est ce qui frappe en arrivant. La chartreuse est bâtie dans les deux pierres du massif : le schiste, gris sombre presque noir, pour les murs, et la serpentine, une roche vert bouteille qui se polit comme du marbre, pour les encadrements, les portes et les colonnes. Le contraste entre les deux, dans une architecture austère de chartreux, produit un effet que l'on ne voit nulle part ailleurs.
L'ensemble est vaste : deux cloîtres, une église romane, la cellule reconstituée d'un père chartreux avec son jardin clos, le réfectoire, les greniers, un moulin. On comprend en circulant la règle de l'ordre : chaque moine vivait seul dans sa cellule, ne se réunissant que pour l'office et un repas hebdomadaire.
Comptez une heure de visite libre, une heure et demie en prenant le temps.
Les règles à respecter
La communauté vit sur place et la visite se fait dans une partie du monastère seulement. Il est demandé le silence, une tenue correcte, et de ne pas photographier les religieuses. Ce n'est pas une contrainte pénible, et c'est ce qui rend le lieu si particulier : on visite un monument habité, pas un vestige.
La chartreuse est fermée le mardi, ainsi qu'en janvier et certains jours de fêtes religieuses. Et surtout, l'accès ferme les jours de risque incendie élevé, ce qui arrive souvent en juillet et en août : le massif des Maures est l'un des plus sensibles de France et la piste peut être barrée. Un appel ou une consultation du site avant de partir vous évitera vingt-cinq kilomètres pour rien.
Collobrières
Le village, au départ de la piste, mérite l'arrêt. Capitale de la châtaigne et du liège, il a ses confiseries, ses marrons glacés, sa crème de marrons, et une fête de la châtaigne les trois derniers dimanches d'octobre. C'est le meilleur moment de l'année pour venir : la forêt est rousse, la chartreuse est ouverte, et la région n'est plus en risque incendie.
En pratique
Où
Chartreuse de la Verne, à 11 km de Collobrières par la route forestière, massif des Maures
Accès
1 h 15 depuis Puget-sur-Argens jusqu'à Collobrières, puis 25 min de piste · 1 h 25 depuis Fréjus
Durée
1 h à 1 h 30 de visite libre
Fermeture
Le mardi, en janvier et certains jours de fêtes religieuses
Risque incendie
Accès fermé les jours de risque élevé, fréquent en juillet-août : à vérifier impérativement avant de partir
Tarif
Payant, visite libre
Sur place
Silence demandé, tenue correcte, pas de photographie des religieuses
Route
Étroite et sinueuse, déconseillée aux grands véhicules
Enfants
Possible, mais le lieu demande le calme
Meilleure période
Avril à juin et octobre · la fête de la châtaigne à Collobrières en octobre
Questions fréquentes
Oui, une partie du monastère se visite librement, l'autre étant occupée par une communauté religieuse. Comptez une heure à une heure et demie.
Ce guide fait partie du carnet d'adresses d'un domaine privé de Puget-sur-Argens, à 75 minutes d'ici, qui se loue pour des mariages et des séjours en famille. Il ne se visite pas.