Èze est un village médiéval accroché à un piton rocheux à quatre cents mètres au-dessus de la mer, entre Nice et Monaco. On y circule uniquement à pied, dans des ruelles en escalier. Au sommet, le jardin exotique planté de cactus sur les ruines du château offre l'un des panoramas les plus vastes de la Méditerranée.
Un nid d'aigle
Il faut comprendre la géographie pour comprendre Èze. Le village est bâti sur un piton isolé, à pic au-dessus de la mer, à un endroit où la Corniche s'élève brusquement. Les habitants s'y sont installés pour la même raison qu'ils s'installaient partout ailleurs sur cette côte : les pirates. Depuis le XIIᵉ siècle, le village est un cône de maisons serrées autour d'un château, avec une seule porte fortifiée.
On laisse la voiture en bas et l'on monte, car tout est piéton. Ruelles pavées d'un mètre de large, passages voûtés, escaliers, portes de bois massif, ateliers d'artisans dans les caves. Le village est petit, une demi-heure suffit à le traverser, et il est très restauré : certains le trouvent trop léché, mais l'ensemble tient debout et la promenade est belle.
Le jardin exotique
C'est ce qu'on vient voir. Sur les ruines du château, rasé en 1706 sur ordre de Louis XIV, la commune a créé en 1949 un jardin exotique planté de cactus, d'agaves, d'aloès et de succulentes venues des Amériques et d'Afrique. Le contraste entre ces silhouettes hérissées, la pierre du château et le bleu de la mer quatre cents mètres plus bas est saisissant.
Des sculptures de femmes en terre cuite, disséminées dans le jardin, dialoguent avec les plantes. Mais l'essentiel est la vue : elle porte du cap Ferrat à la presqu'île de Saint-Tropez, et par temps clair jusqu'à la Corse. C'est l'un des panoramas les plus vastes de la Méditerranée, et le seul endroit d'où l'on embrasse d'un regard toute la Riviera.
Comptez une heure. Le jardin est payant, ouvert toute l'année, et l'entrée se prend en haut du village.
Le chemin de Nietzsche
Pour ceux qui veulent mériter la vue, un sentier relie Èze-bord-de-mer au village en une heure de montée raide. Nietzsche l'emprunta durant l'hiver 1883 et y composa, dit-il, la troisième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra. Le sentier porte son nom, il est balisé, il grimpe de trois cents mètres, et il faut de l'eau et de bonnes chaussures. La descente est plus rude que la montée pour les genoux.
L'heure
Èze reçoit un million et demi de visiteurs par an sur quelques hectares. La conséquence est simple : entre onze heures et dix-sept heures en saison, le village est un couloir. Venez à l'ouverture du jardin, ou en fin de journée, quand les cars sont repartis et que la lumière rase la mer.
Autour
Èze est sur la moyenne corniche, l'une des trois routes qui relient Nice à Monaco. La grande corniche, au-dessus, est encore plus spectaculaire, et le trajet fait partie de la visite. On peut enchaîner avec Monaco à dix minutes, ou avec la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat, vingt minutes en contrebas.
En pratique
Où
Èze village, Alpes-Maritimes, sur la moyenne corniche entre Nice et Monaco. Parkings payants en contrebas
Accès
1 h 15 depuis Puget-sur-Argens par l'A8 · 20 min depuis Nice · 10 min depuis Monaco
Durée
1 h 30 pour le village et le jardin
Jardin exotique
Payant, ouvert toute l'année, entrée en haut du village, environ 1 h
Circulation
Village entièrement piéton, ruelles en escalier
Chemin de Nietzsche
1 h de montée depuis Èze-bord-de-mer, 300 m de dénivelé, eau nécessaire
Enfants
Le jardin les intéresse · escaliers et à-pic, surveiller les plus jeunes
Poussette, fauteuil
Impossible dans le village
Meilleure période
Avril-mai et octobre · à l'ouverture ou en fin de journée en saison
Questions fréquentes
Le village médiéval entièrement piéton et le jardin exotique aménagé sur les ruines du château, avec l'un des panoramas les plus vastes de la Méditerranée.
Ce guide fait partie du carnet d'adresses d'un domaine privé de Puget-sur-Argens, à 70 minutes d'ici, qui se loue pour des mariages et des séjours en famille. Il ne se visite pas.